Influence du mode de conduite sur le temps de parcours en milieu urbain
Parmi les différents éléments qui peuvent
expliquer la prégnance d’une image positive de la vitesse
en milieu urbain, l’hypothèse est faite ici qu’il
peut exister chez les conducteurs une non-estimation, voire une
sur-estimation, des gains en termes de temps de parcours dont ils
peuvent bénéficier en augmentant leur vitesse. Quelle est
la réalité de ces gains supposés ? Les conditions
de conduite dans un milieu urbain traditionnel sont tributaires de
nombreux événements, au premier rang desquels la
présence de carrefours à feux, mais aussi les
traversées de piétons, le stationnement illicite, les
mouvements des véhicules de transport en commun, les livraisons,
les restrictions de capacité liées à des travaux,
etc. Il n’est donc pas exclu que la possibilité
matérielle pour un conducteur d’influer par son mode de
conduite sur son temps de parcours soit beaucoup plus limitée
que ce que son intuition peut lui laisser supposer. Un dispositif
expérimental permettant d’étudier cette question
par comparaison des temps de parcours sur un circuit
prédéfini en fonction du mode de conduite adopté a
été mis en œuvre par la ZELT à la demande du
CERTU.
Le principe de l’expérimentation a consisté
à comparer, dans des conditions contextuelles aussi proches que
possible et sur le même itinéraire, les temps de parcours
de conducteurs adoptant un mode de conduite du type « zone 30 » et ceux de conducteurs qui circulent dans un flot urbain avec une vitesse limitée à 50 km/h.
Le recueil de données a été effectué à Toulouse, du 22 septembre au 22 octobre 2004.
L’itinéraire retenu pour les mesures des temps de parcours
est un circuit de 7602 mètres qui comprend au total 28 feux :
les deux feux de départ et d’arrivée ainsi que 26
feux qui ont servi de repérage intermédiaire.
Les parcours ont été réalisés entre 07h45
et 19h de manière à inclure des périodes à
caractéristiques diverses, y compris les heures de pointe du
matin et du soir. Pour chaque mesure deux véhicules partaient au
même instant : l’un à vitesse lente ; l’autre
à la vitesse du flot.
Les relevés des temps de parcours ont été
effectués par un enregistreur automatique des variables
cinétiques de type « Mi-temps ».
Un échantillon de 197 paires de temps de parcours a
été constitué, dont 105 en heure creuse et 92 en
heure de pointe.
En période creuse, la perte de temps moyen du véhicule
lent par rapport au véhicule rapide s’élève
à 5min 12s soit 25 %.
En période de pointe, la perte de temps moyen du véhicule
lent par rapport au véhicule rapide est de 4mn 18s, soit 15,7 %.
Vitesse moyenne (arrêts inclus) :
Vitesses de roulage :