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Évaluation d’une régulation de vitesses sur l’autoroute A7
La
société ASF a demandé à la ZELT
d'évaluer l'impact de la régulation des vitesses mise en
oeuvre sur un tronçon de l'autoroute A7, au cours de diverses
périodes de migrations saisonnières (principalement
estivales) en 2004 et 200. Depuis cette expérience, la
régulation de vitesse a été appliquée dans
les deux sens de circulation et a fait l’objet d’une
nouvelle évaluation de la ZELT en 2005.
A la suite
de l’évaluation réalisée en 2004 de
l’expérimentation de régulation de vitesse dans le
sens Sud-Nord (dit « sens 2 » dans ce qui suit) de la
section Orange – Valence de l’autoroute A7, la
société ASF a demandé à la ZELT un suivi en
2005 de cette expérimentation sous forme d’un tableau de
bord annuel ainsi qu’une évaluation
détaillée de la mise en œuvre de la
régulation dans le sens Nord–Sud (dit « sens 1
» dans ce qui suit) initiée pendant
l’été 2005 entre Vienne et Orange.
La méthodologie d’analyse
Le
principe de l’évaluation consistant à comparer les
indicateurs de mesures entre l’année de régulation
et les périodes équivalentes de l’année
avant régulation, appliqué entre 2003 et 2004 dans le
sens 2, a été reconduit en 2005, en comparaison avec
2004, pour le sens 1. Pour le sens 2, la comparaison des années
de régulation 2005 et 2004 s’est heurtée, pour la
plupart des indicateurs agrégés pendant les
périodes régulées, à la difficulté
de comparer des périodes de régulation
différentes, ne serait-ce que par leur durée.
L’écueil a été résolu, pour la
plupart des indicateurs, en comparant, de façon
indépendante, les résultats de chaque année
régulée avec les périodes respectives
équivalentes de 2003. On sera donc amené à
présenter la plupart des indicateurs de variation 2004 par
rapport à 2003 et 2005 par rapport à 2003, ce qui permet
de toujours raisonner à périodes de durées
équivalentes.
La méthodologie de comparaison jour
par jour des périodes équivalentes des années
successives impose que l’on s’assure au préalable de
la stabilité des profils de trafic des journées
comparées. Toutes périodes confondues
(régulées ou non) le débit journalier moyen est
excessivement stable de même que la part de poids lourds et le
profil quotidien du trafic. Toutefois l’analyse
journalière nous amène à constater des
différences notables du volume total de flux dues aux
irrégularités calendaires, notamment à la position
dans la semaine des jours fériés (14 juillet, 15
août) et des fins de mois.
En 2005, la période
d’étude porte sur les mois de juillet et août ,
toutefois la comparaison avec 2004 dans le sens 2 portera uniquement
sur le mois d’août , période à laquelle la
régulation avait été initiée en 2004.
La mise en œuvre de la régulation
En
2004, la régulation avait été appliquée
globalement sur l’axe. En 2005 le principe du cantonnement
a été adopté, la régulation
s’appliquant de manière indépendante dans chacun
des cantons définis comme suit :
- Sens 1
161 km
Canton 1 Vienne – Valence
Nord
60 km
Canton 2 Valence Nord – Valence
Sud
8 km
Canton 3 Valence Sud – Montélimar
Sud 51 km
Canton 4 Montélimar Sud -
Orange
42 km
- Sens 2
94 km
Canton 1 Orange –
Bollène
21 km
Canton
2 Bollène – Montélimar
Sud
22 km
Canton 3 Montélimar Sud – Valence
Sud 51 km

Considérant
la régulation active quand elle l’est sur au moins un
canton, l’été 2005 se caractérise par 42
jours de régulation : 30 jours en sens 1 et 32 jours en sens 2,
le nombre d’heures régulées se situant
respectivement à 197 h et 190 h.
Dans le sens 2, le nombre de
jours régulés au mois d’août a
été réduit de 31 en 2004 à 25 en 2005, on
note en outre une réduction de la durée de
régulation (-20 % environ) des cantons 2 et 3 (Bollène
– Valence Sud) et une augmentation (+ 59 %) de cette durée
dans le canton sud Orange – Bollène. Il en résulte
globalement une augmentation de 13 % de la durée de
régulation si on la considère comme active quand elle
l’est sur au moins un canton alors que l’effet inverse
(baisse de 12 %) est observé si on s’intéresse
à la moyenne de durée de régulation
pondérée selon la longueur des cantons, ce qui est la
marque d’une meilleure adaptation géographique et
temporelle aux conditions de circulation permise par la
systématisation en 2005 du cantonnement. Mais le fait le plus
marquant est la forte réduction de la durée de
régulation à 90 km/h. Cette régulation, moins bien
acceptée, a été mieux ciblée en 2005. Elle
représentait, en 2004, 38 % du temps total de régulation,
elle n’en représente plus que 9 % en 2005.
Le nombre de véhicules régulés
Sur la station de référence de l’A7, à savoir celle des cantons 3 de chaque sens, au PK79,6 :
-
en sens 2, la part du trafic soumis à la régulation passe
de 24 % en 2004 à 26 % en 2005, d’un total de 2 277 000
véhicules écoulés pendant le mois
d’août. Le nombre de véhicules soumis à la
régulation passe de 535 000 en 2004 à 587 000 en 2005,
soit une augmentation de près de 10 %
- en
sens 1, la part du trafic soumis à régulation durant les
deux mois d’été est de 23 %, ce qui
représente 850 000 véhicules.
Les vitesses moyennes dans la zone contrôlée du sens 2
Dans
la zone de 10 km contrôlée dans le sens 2 par le
système de mesure des temps de parcours par lecture automatique
des plaques minéralogiques, on note un léger
relâchement du taux de respect des consignes pour chacune des
limites de vitesses (y compris hors régulation). Toutefois
l’intensification de la régulation à 110 km/h, en
regard de celle à 90 km/h que l’on sait très mal
respectée, fait apparaître un bilan positif de la
régulation en 2005 par la réduction de 6 points du taux
de contrevenants en périodes régulées.
Les vitesses 6 minutes des stations de mesure RDT
L’impact
de la régulation en 2005 dans le sens 1 se mesure par une baisse
de la vitesse moyenne des véhicules de 3 points (soit 3 km/h) de
plus que celle observée pendant les périodes non
régulées. Dans le sens 2, l’impact de la
régulation sur la baisse des vitesses moyennes se poursuit en
2005 (-3,2 % en périodes régulées) mais la
tendance s’inverse pour les périodes non
régulées (baisse de 2,3 % en 2004, hausse de 0,6 % en
2005), ce qui renforce l’effet bénéfique de la
régulation sur la réduction des vitesses.
Le respect des consignes
La
régulation à 110 km/h est bien, voire très bien
respectée, notamment dans le sens 1 où le taux de respect
est de 96 %. Sur ce point, la tendance favorable observée en
2004 en sens 2, se poursuit pour atteindre un taux de respect de 86 %.
Par contre, bien qu’en progression favorable dans le sens 2, le
taux de respect de la limitation à 90 km/h reste insuffisant, se
situant quel que soit le sens de circulation autour de 40 %.
La capacité des voies
La
capacité de la voie est approchée par le 3ème
quartile de la distribution chronologique des débits 6 minutes
maximaux obtenus pendant les périodes régulées de
chaque journée de la période d’étude.
Autrement dit c’est la valeur du maximum journalier qui
n’est dépassée que pendant 25 % des jours
régulés.

Dans
le sens 1 en 2005, la capacité de la voie apparaît en
croissance de 0,6 % dans le canton 1, de 3 % dans le canton 2, de 1,1 %
dans le canton 3 et en baisse de 0,9 % dans le canton 4,
d’où une augmentation moyenne de 1 %
caractéristique d’un impact modéré de la
régulation en 2005 sur la capacité dans le sens 1.
Dans
le sens 2, et en prenant en compte l’intégralité
des journées régulées du mois d’août,
la régulation 2005 se traduit, en comparaison avec
l’année 2003 non régulée, par une
augmentation de 1,1 % pour les cantons 1 et 2 et de 2 % pour le canton
3. La moyenne des 3 cantons s’établit comme une croissance
de 1,4 %, ce qui est tout à fait comparable au chiffre de 1,5 %
caractérisant selon la même méthodologie la
variation de capacité obtenue grâce à la
régulation en 2004. L’amélioration de la
performance en 2005 par rapport à la régulation 2004
s’apprécie sur le premier canton (Orange –
Bollène) au détriment des deux autres, notamment du
3ème (Montélimar – Valence Sud), ces derniers ayant
été les principaux bénéficiaires de la
régulation en 2004.
Les forts débits (supérieurs à 5000 véhicules/heure)
Le
principal enseignement de l’expérimentation de 2004 avait
été l’aptitude de la régulation à
« soutenir » des débits élevés pendant
de plus longues périodes. Ce constat se confirme dans le sens 2
et s’affirme même de façon encore plus ample dans le
sens 1. Plus précisément, la progression des forts
débits observés la première année de
régulation au niveau de 11,5 % en moyenne des 3 cantons se
stabilise en progressant légèrement notamment sur le
canton 1. Le bilan de comparaison de 2005 par rapport à la
référence hors régulation en 2003
s’établit globalement à 12 %.
Dans le sens 1,
la première année de régulation voit une
progression moyenne des forts débits de 16 %. Le canton 3
(Valence Sud – Montélimar) contribue pour 75 % du total
des forts débits écoulés en période de
régulation, c’est donc particulièrement sur ce
canton que pourront se concentrer les bénéfices de la
régulation vis à vis de cet indicateur.

Les volumes de bouchons
Le
bilan annuel de l’évolution des HKM de bouchons est
extrêmement sensible à l’irrégularité
de leur occurrence, liée notamment aux
irrégularités calendaires.
Dans le sens 1,
l’analyse journalière des HKM nous a conduits à
éliminer la journée du 17/7/2004 où un
bouchon exceptionnel non lié au trafic s’est formé
dans le premier canton. Le bilan de l’efficacité de la
régulation sur la réduction des bouchons se traduit par
une baisse des HKM de 5 % sur le total journalier et de 34 % en
période régulée. Ce bilan est donc
très convainquant d’autant qu’il s’exerce
surtout pendant les périodes de régulation.
Dans
le sens 2, et toutes périodes confondues, les volumes de
bouchons, en tendance à la baisse en 2004 (-5 %), sont au
contraire en progression en 2005 (+ 15 % par rapport à 2004).
La
stratégie d’arrêt de la régulation en 2004
dès l’apparition des bouchons dans le premier canton
notamment, a pour conséquence une minimisation du volume de
HKM pendant les périodes régulées de 2004,
et fait apparaître ainsi, un peu artificiellement, une forte
efficacité de la régulation 2004 à réduire
les bouchons en périodes régulées (- 45 %). Par
contre en 2005, la stratégie de maintien de la régulation
à certaines périodes malgré l’apparition
locale de bouchons induit une croissance des HKM en périodes
régulées par rapport à 2004, croissance
qu’il serait faux d’imputer à une moindre
efficacité intrinsèque de la régulation. Plus
précisément si l’on élimine deux
journées où, selon les exploitants d’ASF, la
régulation aurait vraisemblablement été
arrêtée en 2004 alors qu’elle a été
maintenue en 2005 malgré l’apparition de congestion dans
le canton, on ramènerait le bilan brut de
l’évolution 2005/2003 des HKM en périodes
régulées d’une augmentation de 3 % à une
diminution de 23 %.
Interception des bouchons par les stations de mesure RDT
La
qualification de l’état du trafic par le simple
critère des vitesses moyennes 6 minutes observées sur les
stations de mesure RDT amène classiquement à
définir les périodes de bouchons par des vitesses
inférieures à 30 km/h et les ralentissements par des
vitesses comprises entre 30 km/h et 85 km/h. Ainsi a-t-on pu observer
en 2005, dans les deux sens de circulation, un glissement
général d’une situation de bouchons vers une
situation de ralentissements.
Accidentologie
Globalement
dans l’ensemble des périodes (régulées ou
non) l’évolution de l’accidentologie en 2005 est
encourageante : elle amplifie les bons résultats de 2004 dans le
sens 2 en terme de nombre d’accidents et de victimes. Le bilan
(2005 / 2004 en sens 1 et 2005 / 2003 en sens 2) se solde par une
baisse du nombre d’accidents de 24 % en sens 1 et 33 % en sens 2,
et une baisse du nombre de victimes de 8 % en sens 1 et 53 % en sens 2.
Pour
ce qui concerne les périodes régulées, les gains
observés en sens 2 en 2004 (- 58 %), sont reproduits en sens 1,
avec une amplitude moindre en ce qui concerne le nombre
d’accidents (- 15 %).
L’observation du bilan de
l’accidentologie dans le sens 2 depuis 2000 confirme et accentue
les bienfaits observés dès 2004.
Sens 2 - Août
Conclusion générale
L’application
en 2005 de la régulation de vitesse sur l’autoroute A7
entre Orange et Vienne ou Valence s’avère très
satisfaisante. Dans le sens Sud – Nord déjà
régulé en 2004, le bilan positif de
l’évolution de la plupart des indicateurs observés
(vitesses pratiquées, respect des consignes de vitesses,
capacité, volume de bouchons, accidentologie) se confirme en
2005 et souvent s’accentue. De même, les résultats
de l’évaluation de la première année de
régulation du sens Nord – Sud se révèlent
extrêmement encourageants. Les performances obtenues sont
semblables à celles obtenues dans le sens inverse, et même
amplifiées notamment pour ce qui concerne la capacité
d’écoulement des forts débits ou la
réduction des bouchons.
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