Zone Expérimentale et Laboratoire de Trafic












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Évaluation du sillon lorrain


Cette évaluation, demandée à la ZELT par la DDE 57 a débuté en 2003 et s’est achevée en 2004. Elle avait pour but essentiel de dresser un état « zéro » des pratiques des acteurs avant mise en place d’un CIGT d’axe et plus précisément d’analyser la cohérence de l’information fournie aux usagers. En effet, l’exploitation du réseau Sillon Lorrain relevait jusqu’en décembre 2003 des deux  DDE 54 et 57. Dans les deux départements, l’information en direction des usagers était réalisée à l’initiative du CIGT, d’une part par information du CRICR, d’autre part localement par le biais de radios locales et messages sur PMV. Aucun lien de coordination formel n’existait, dans les schémas des circuits d’information, entre les deux DDE concernées. Une des améliorations visées par la création, en décembre 2003, d’un CIGT d’axe unique mais bilocalisé (deux implantations géographiques), est la fourniture à l’usager d’une information dont la teneur et la forme seront homogènes, quel que soit le lieu d’occurrence de l’événement ayant provoqué cette information. Il est précisé que cette analyse porte exclusivement sur le réseau autoroutier, et non pas sur le réseau des routes départementales. La ZELT a procédé a un interview d’une heure environ de chacun des opérateurs des deux CIGT. Elle a également procédé à une enquête par questionnaire auprés des services de police (CRS), des services d’exploitation SEA des deux DDE et des agents responsable de l’astreinte-sécurité également dans les deux DDE.


Nous présentons ci-dessous les principaux enseignements issus des entretiens avec les opérateurs. Ces entretiens ont été effectués en novembre 2003 et leur synthèse a été produite au cours du premier trimestre 2004.


Le sillon lorrain


         
Les principales différences entre les deux services (CIGT 54 et CIGT 57)

Les opérateurs du CIGT 57 possèdent, dans leur majorité, une expérience du poste beaucoup plus importante qu’au CIGT 54.  Il s’agit en Moselle d’une équipe aguerrie possédant une réelle ancienneté dans les tâches d’opérateur, alors que l’équipe de Meurthe-et-Moselle reconnaît qu’elle ne dispose pas encore de la même expérience. Dans ce dernier département, des mouvements de personnel sont prévus ou envisagés, avec un risque d’affaiblissement de l’expérience collective.

En Moselle les agents se déclarent très sûrs d’eux quant aux décisions qu’ils ont à prendre, alors que cette expression est moins nette en Meurthe-et-Moselle où il est fait état à plusieurs reprises de la nécessité d’avoir recours à des avis hiérarchiques ou à l’avis d’autres collègues.

Une différence nette apparaît entre les deux CIGT dans la perception qu’ont les agents de leur place au sein des différents services. Un malaise important est exprimé au CIGT 54.

Les opérateurs du CIGT 54 nous ont semblé ressentir une réelle frustration d’être tenu éloignés de la réalité du terrain en raison de l’absence de caméras, d’une absence de contacts directs avec les patrouilleurs SEA et peut-être aussi en raison d’une hiérarchie de fait dans les compétences en matière d’information qui semble s’être établie entre eux et les CRS : ils sont des observateurs « indirects » des états du trafic ; il n’en en pas de visualisation et sont tributaires des appréciations fournies par des sources extérieures dont ils ne maîtrisent pas la gestion.

Si la coopération entre les opérateurs du CIGT et les patrouilleurs SEA semble bonne en Moselle, il n’en est pas de même en Meurthe-et-Moselle et des jugements très critiques sont portés par les agents sur le fait qu’ils n’ont pas de contacts directs avec les patrouilleurs.

Le niveau de sensibilisation à l’importance d’une bonne compréhension des prévisions météorologiques nous a semblé plus forte au CIGT 54 qu’au CIGT 57. D’une manière plus générale les agents du CIGT 54 nous ont semblé avoir une forte sensibilité aux questions touchant à la viabilité hivernale.

Une certaine confusion dans l’expression sur les modalités de l’information « pluie » apparaît au CIGT 54. Une divergence de point de vue avec les CRS a été évoquée, mais le problème semble résolu.

Globalement, il n’apparaît pas de contradictions dans le vocabulaire utilisé dans les deux CIGT pour informer les usagers. Il devrait pouvoir être facile, dans le CIGT commun, de s’entendre sur les quelques disparités qui ont été relevées.

La précision de la localisation des événements, telle qu’elle leur est fournie, est sévèrement jugée au CIGT 54. Ce constat, auquel s’ajoute celui d’une moins bonne connaissance du réseau qu’en Moselle, nécessite à l’évidence des actions correctives. Cette difficulté est peut être liée à des difficultés qu’éprouvent les patrouilleurs pour donner des informations précises sur la localisation des événements.

Au CIGT 54, la communication avec le CRICR souffre parfois d’une mauvaise coordination avec les CRS (une partie de la communication avec le CRICR passe par les CRS) alors que cette coordination semble fonctionner convenablement en Moselle. En outre, il n’y a pas d’archivage exhaustif des communications entre le CIGT 54 et le CRICR : la main-courante est peu utilisée car les agents la jugent peu pratique.

On doit signaler qu’il existe une grande différence entre les CIGT 54 et 57 sur le nombre d’événements signalés au CRICR (le nombre est beaucoup plus faible en Meurthe-et-Moselle). Des éléments de réponse ont été apportés mais il serait prudent (s’agissant de deux réseaux de taille identique) de procéder à des vérifications plus précises.

Alors qu’au CIGT 57 il ne s’est pas instauré de communication régulière avec la radio locale France Bleue Lorraine Nord, un opérateur du CIGT 54 intervient tous les jours en direct sur les ondes de France Bleue Lorraine Sud  à 7h28.

Au CIGT 54, il existe un besoin de clarification des pratiques avec les CRS concernant l’information des opérateurs sur les événements,  et des vérifications à faire sur le taux réel de disponibilité des PMV.

Enfin, concernant les pistes d’amélioration suggérées, les opérateurs des deux CIGT mettent en avant une insuffisance des moyens matériels, mais ceux du CIGT 54 font également état de besoins en matière de formation  et d’organisation.


Les améliorations nécessaires communes aux deux services

L’intérêt des données SIREDO est ressenti dans les deux CIGT, mais il n’existe pas de méthodologie partagée par tous pour les interpréter et les exploiter. Nous ressentons chez les opérateurs, dans les deux CIGT, un manque de culture « théorie du trafic » accentué par le nombre restreint de stations SIREDO utilisées, ainsi que par l’absence d’outils modernes d’analyse.

 Il y a certainement nécessité d’uniformiser les pratiques en présence de brouillard, non seulement en interne mais également entre les deux services.

Il serait certainement intéressant, dans les deux CIGT, de comprendre comment les agents font la distinction entre un bouchon, un trafic saturé ou perturbé, un trafic dense et un trafic ralenti ;  il serait également intéressant de confronter ces lexiques avec ceux des CRS.

L’actualisation des bouchons fournie au CRICR devrait utiliser une formule du type « la nouvelle longueur de bouchon est de x km » plutôt que « diminution du bouchon de x km au total » pour éviter au CRICR une mauvaise interprétation (confusion entre la longueur résiduelle et la diminution de longueur).

Les envois de message au CRIR pourraient être envisagés via le réseau MÉLANIE, ce qui procurerait des gains en fiabilité et en durée de transmission.

Un identifiant de situation, adossé à chaque événement transmis au CRICR, permettrait de gérer plus globalement une situation.

En période hivernale, et notamment en période de crise, le CRICR est demandeur de situations plus fines, et à intervalles plus rapprochés, sur les autoroutes du sillon lorrain.

Sur les deux sites, l’utilisation des messages disponibles en bibliothèque est faible pour des raisons diverses (incomplétude, perte de temps, etc.). En outre, il n’a pas été effectué, à notre connaissance, de comparaison entre le contenu des deux bibliothèques. Un travail d’homogénéisation et d’amélioration semble nécessaire.

Dans les deux CIGT, les réponses fournies quant à la pratique d’affichage lors de l’occurrence d’un accident provoquant un bouchon, sont disparates. Il nous semble nécessaire de rappeler ou préciser aux agents, dans les deux CIGT, les pratiques à adopter face à ce type d’événement très courant.

Plus généralement, on prendra garde au fait que, avant la création du CIGT d’axe, la communication entre les deux services était réduite à la gestion des événements communs et n’a jamais porté sur les méthodes et les pratiques. Une culture d’échange doit être initiée : ce point est évidemment important pour la gestion du CIGT d’axe.




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