Effet d’une généralisation des ZONES 30 sur le
temps de parcours en milieu urbain – Le cas de Toulouse
La
recherche de l’effet d’une généralisation des
zones 30 sur les temps de parcours en milieu urbain a été
menée au travers d’une campagne de mesures comparatives
des temps de parcours entre deux véhicules l’un circulant
à la vitesse du flot, limité à 50 km/h,
l’autre limitant sa vitesse autour de 30 km/h, simulant ainsi des
conditions de circulation de « ZONE 30 ». Les mesures ont
consisté en la réalisation de 200 paires de parcours de
7,6 km comprenant 28 feux tricolores, les deux véhicules partant
en même temps pour bénéficier de conditions de
circulation comparables. Un troisième scénario, dit
mixte, a été simulé a posteriori à partir
des résultats précédents, pour reconstituer une
situation réglementaire sans doute plus réaliste
où les voies principales restent limitées à 50
km/h et où les autres voies, dites secondaires, sont
limitées à 30 km/h.
Deux
strates de conditions de circulation ont été
distinguées : 105 paires de trajets ont été
retenus pour qualifier les périodes creuses où la vitesse
moyenne du véhicule limité à 50 km/h est
supérieure à 20 km/h, les 92 autres paires de
trajets étant retenues pour qualifier les périodes de
pointe.
Sur les 7 600 mètres de longueur
du parcours test, par rapport à un véhicule «
normalement » limité à 50 km/h dont le temps de
parcours moyen est de 24’ (21’ en période creuse et
27’ en pointe) :
- la perte de temps moyen d’un
véhicule limité à 30 km/h sur le réseau
secondaire représentant 53 % de la longueur du parcours et 30 %
du nombre de feux tricolores s’élève à :
- 15,3 % en période creuse (intervalle de confiance : [13,9 % ; 16,6 %]) ;
- 8,8 % en période de pointe (intervalle de confiance : [7,5 ; 10,0]);
- 11,8 % dans l’ensemble des périodes (intervalle de confiance : [10,8 ; 12,7]).
- la perte de temps moyen d’un
véhicule limité à 30 km/h sur l’ensemble du
parcours s’élève à :
- 24,9 % en période creuse (intervalle de confiance : [22,5 % ; 27,3 %]) ;
- 15,7 % en période de pointe (intervalle de confiance : [13,6 ; 17,7]);
- 19,9 % dans l’ensemble des périodes (intervalle de confiance : [18,3 ; 21,5]).
En valeur absolue, les pertes de temps
suscitées par les différentes configurations de
limitation de vitesse à 30 km/h s’expriment comme suit :
- la perte de temps moyen d’un véhicule limité
à 30 km/h sur le réseau secondaire
s’élève à :
- 3’ 10’’ en période creuse
(intervalle de confiance : [2’ 53’’; 3’
28’’]) ;
- 2’ 25’’ en période de
pointe (intervalle de confiance : [2’ 04’’ ; 2’
45’’]);
- 2’ 49’’ dans l’ensemble des
périodes (intervalle de confiance : [2’ 35’’ ;
3’ 03’’]).
- la perte de temps moyen d’un véhicule limité
à 30 km/h sur l’ensemble du parcours
s’élève à :
- 5’ 10’’ en période creuse
(intervalle de confiance : [4’ 40’’ ; 5’
40’’]) ;
- 4’ 18’’ en période de
pointe (intervalle de confiance : [3’ 45’’; 4’
52’’]);
-
4’ 46’’ dans l’ensemble des périodes
(intervalle de confiance : [4’ 23’’ ; 5’
09’’]).
Les arrêts, dont environ 80 % sont
localisés en approche des feux tricolores, représentent
une part du temps de parcours total variant de 19 % pour le
véhicule limité à 30 km/h en période creuse
à 30 % pour le véhicule limité à 50 km/h en
période de pointe.
En
deux chiffres, on peut résumer l’effet d’une
généralisation des zones 30 sur les temps de parcours en
milieu urbain, pour un parcours de 7,6 km représentatif
d’un déplacement moyen à Toulouse, par une perte de
temps de 3 minutes si on ne limite à 30 km/h que les voies
secondaires, et par une perte de temps de 5 minutes si on limite
l’ensemble du réseau à 30 km/h.